LE « VRAI DU FAUX » DU MAQUILLAGE PERMANENT

Entretien avec Maud RAVIER, fondatrice des studios Maud Maquillage Permanent

Si la technique a connu des débuts parfois aléatoires au point d’être considérée comme un peu « ringarde » dans les années 2000, le maquillage permanent a beaucoup évolué au cours des quinze dernières années et connaît un véritable retour en grâce, notamment au près des jeunes femmes qui ne jurent que par des sourcils impeccables ou des lèvres naturellement ourlées.

Malgré cela, de nombreuses idées reçues continuent de circuler : « La couleur des sourcils vire à l’orange », « Ça ne fait pas naturel », « Il faut faire des retouches tout le temps pour un résultat parfait », « Ça fait mal », « Et si finalement je n’aime plus ? »…

Pour démêler le vrai du faux,
on fait le point avec Maud RAVIER,
pionnière du Maquillage Permanent !

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« On a toutes déjà croisé quelqu’un avec des sourcils orange ou le contour des lèvres bleu suite à un maquillage permanent… Pourquoi les pigments changent-ils de couleur ? Est-ce systématique ? »

Maud Ravier : Il existe plusieurs types de pigments autorisés en France : les pigments minéraux, les plus utilisés car les moins chers et les plus faciles à implanter, et les pigments organiques.

Les pigments minéraux étant beaucoup plus fragiles que les pigments organiques, ils vont s’oxyder et leur couleur va évoluer au fil du temps vers l’orange ou l’aubergine selon la teinte  utilisée au départ.

A l’inverse, les pigments organiques que nous utilisons sont très stables et ne virent pas avec le temps. Leur couleur s’atténue de manière naturelle, ce qui est normal, mais ne vire jamais.

Pour les contours de lèvres bleus, c’est, ou plutôt c’était car cela ne se fait plus vraiment, le cas lorsqu’on réalisait un contour bois de rose, mélange de rose et de marron.

Avec le temps, le rose s’effaçait et ne restait que le marron qui virait au gris, d’où cet effet foncé, voire bleuté.

« Quelle différence entre maquillage semi-permanent et maquillage permanent ? Combien de temps cela dure vraiment? »

Maud Ravier : Dans la technique, aucune différence : il s’agit de dermopigmentation, qui consiste à implanter des pigments dans la couche superficielle de l’épiderme à l’aide d’un dermographe.

Mais, là encore, ce sont les pigments utilisés qui font la différence : les pigments minéraux vont s’estomper au bout de 6 mois environ, beaucoup plus rapidement que les pigments organiques qui eux ne s’estomperont qu’au bout de 2 à 3 ans.

Nous avons fait le choix, chez Maud Maquillage Permanent, de n’utiliser que des pigments organiques de très haute qualité de la marque allemande Amiea. Nos clientes ont donc la garantie que leur maquillage ne nécessite pas de retouche avant 2 ou 3 ans.

Ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’instituts qui choisissent volontairement d’implanter des pigments minéraux, dans un but purement commercial, obligeant ainsi les clientes à venir régulièrement faire des retouches.

« La longue tenue des pigments organiques insinue-t-elle qu’ils sont plus proches des pigments de tatoueurs que les pigments minéraux ? »

Maud Ravier : Absolument pas ! Il faut bien différencier les pigments utilisés par les tatoueurs des pigments que nous implantons en dermopigmentation.

Et même si ils durent dans le temps, les pigments de tatoueurs virent comme les pigments minéraux, le noir devenant bleu ou vert par exemple.

De plus, les pigments de tatoueurs ne sont pas stériles, ils ne sont pas à usage unique car vendus en grande contenance et ils contiennent des métaux lourds ou encore de la laque non présents dans les pigments de dermopigmentation.

Il ne faut pas oublier que leur durée de vie n’est pas la même : un tatouage se doit d’être indélébile !

« Et si je n’aime pas, peut-on effacer ou corriger un sourcil ou une bouche trop foncée? »

Maud Ravier : On ne peut pas effacer mais on peut recouvrir une zone en l’éclaircissant. Là encore, cela est aujourd’hui possible grâce à la grande qualité et au pouvoir couvrant des pigments organiques. Si une personne n’est pas totalement satisfaite de la couleur, elle n’est plus obligée d’attendre que la maquillage s’atténue : il suffit de l’éclaircir ou de recouvrir avec la couleur souhaitée lors de la retouche. C’est également ainsi que l’on arrive à atténuer, camoufler une cicatrice.

« Bien qu’il se soit démocratisé, le maquillage permanent reste cher. Pourquoi ? »

Maud Ravier : Dans le maquillage permanent, le prix est un réel gage de qualité. Car les bons pigments et les meilleurs matériels coûtent chers. Pour vous donner une idée, les pigments organiques coûtent 50 euros les 10 ml, tandis que les pigments de tatoueurs ne coûtent que 15 euros les 20 ml. C’est pareil pour les dermographes : de 2 000 à 3 000 euros pour le maquillage permanent contre 200 à 300 euros pour le tatouage. Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir à disposition des dermographes qui calculent la profondeur de la peau, limitant ainsi le risque que les pigments ne soient implantés trop profondément et ne fusent.

C’est un coût, certes, mais une vraie sécurité pour la cliente. Par ailleurs, les formations en dermopigmentation sont assez chères et la loi exige de pratiquer dans une cabine exclusivement dédiée au maquillage permanent, ce qui augmente, là encore, les charges.

En résumé : si on vous propose une prestation Sourcils à 150 euros, fuyez ! C’est impossible de proposer une prestation de qualité à ce tarif.

« Hormis un diplôme d’hygiène et salubrité, aucune qualification n’est obligatoire pour proposer des prestations de maquillage permanent. Comment savoir où se rendre pour un maquillage permanent de qualité ? »

Maud Ravier : Ce que je conseille aux personnes qui souhaitent se lancer dans le maquillage permanent, c’est de se référer en premier au bouche à oreille en ne se limitant pas à la recommandation d’une seule personne, et surtout de bien regarder les « avant/après » réalisés par la praticienne, afin de percevoir ses qualités d’artiste.

Le diplôme d’hygiène et salubrité et même une formation ne suffisent pas pour savoir bien dessiner, or cette qualité est primordiale pour un rendu naturel. Ce qui est également un véritable plus : que la personne soit formée à la psychologie pour savoir décrypter les attentes des clientes. Nous savons que certaines demandes peuvent laisser transparaître un mal-être sous-jacent. Il est donc très important de le détecter, de savoir conseiller la personne et qu’elle reparte satisfaite du résultat.

« Une dernière question : ça fait mal ? »

Maud Ravier : On ressent effectivement des petits picotements mais cela reste extrêmement supportable. Nous utilisons des aiguilles extrêmement fines, semblables aux aiguilles d’acupuncture, et faisons-en sorte que la prestation ne dure pas trop longtemps.

Donc la douleur ne doit vraiment être un frein !